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Le châle aux couleurs
vives et chaudes dans lequel elle s’était enroulée
disait la vie quand tout autour d’elle était sombre et dur.
Lorsqu’elle marcha pour se diriger vers sa maison en terre grise,
elle était comme une reine fatiguée.Tel un trésor
que l’on hésite à partager, elle saisit un cadre rempli
d’images. En silence, elle le tint devant elle, longtemps. Puis,
de sa voix cassée par la maladie, par les deuils, elle dit que
c’étaient les photos de sa vie, celles du bonheur passé.
Elle dit que tout ceci n’était plus que souvenir et que cette
mémoire, aussi précieuse fût-elle, ne retiendrait
personne. |
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