| Le « Manhattan eurasien », telle était la comparaison que l’on lançait en parlant de Bakou. Le pétrole, cet or noir à portée de main qui jaillit à profusion dès la fin du xixe siècle, fut la raison d’être de Bakou, sa perte aussi. Qui peut imaginer l’agitation qui s’empara de la ville à cette époque, au fur et à mesure que de nouveaux puits entraient en activité ? Qui peut imaginer que Bakou fut, en son temps, la rencontre entre l’Orient et l’Occident, des grands de ce monde, des fortunés aux artistes, des architectes aux musiciens?Aujourd’hui, la ville en garde quelques traces immuables. Cependant, au fil des siècles, cet or noir fit aussi la misère du peuple azeri. | ||||||
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| Tout commença par une bataille sanglante au cours de laquelle l’armée russe du Tzar chassa l’armée perse d’une grande partie du Caucase, s’emparant ainsi de l’Arménie, de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan, alors sous domination perse. Au début du xxe siècle, menée par un ancien agitateur, ouvrier dans les champs pétroliers, appelé Joseph Staline, la Révolution bolchévique atteignit Bakou, faisant fuir toute présence étrangère. Bakou fut exploitée pour les besoins de cette URSS naissante. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hitler voulut atteindre le trésor noir de Bakou, qui permit à l’armée Rouge de soutenir les forces alliées. | ||||||
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| Enfin, tel un dernier soubresaut dans la tragédie de l’Histoire, un dernier faux prétexte pour servir les intérêts russes avant l’effondrement de l’empire soviétique, une triste guerre providentielle entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan plongea encore ces deux peuples dans l’horreur de la guerre. Dans ce nouveau réservoir de pétrole de AIOC, premier consortium créé par l’Azerbaïdjan et douze compagnies pétrolières occidentales, l’ombre de la charpente du toit m’a fait songer à cette immense toile d’araignée menaçante qui se tisse encore de nos jours, au nom du pétrole, autour du peuple azeri. | ||||