| Près du lac Karakol, à une altitude de 3 600 mètres, les sommets du Pamir, le « toit du monde », dominent du haut de leurs 7 000 mètres. On est au cœur du pays des Tadjiks, dans la province de Tachgourkan, accessible par une seule et unique route. Les Tadjiks, protégés par leur isolement, tentent de conserver leur culture, leur tradition et leur langue, malgré l’invasion chinoise. Seul peuple autochtone persanophone du Turkestan oriental (Xinjiang, en chinois), les Tadjiks ont la liberté de s’exprimer dans leur langue, mais ont l’obligation, dans les classes primaires, d’apprendre la langue ouïgour, aux racines turques. | ||||||
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| À Tashkourganl, j’ai découvert la plaine de Mazar, son village et ses pâturages. J’ai croisé l’intensité de son regard. Sur les hauteurs du monde, ses ancêtres ont bâti leur antre. Sur cette terre, ils ont déroulé un semblable parchemin qui se trouve entre les mains de leurs descendants, aujourd’hui, le parchemin de la vie.Au fil des siècles, leurs corps se sont mélangés à la terre foulée par leurs pas de vivants.Sur les hauteurs du monde elle est née, elle a grandi, aimé, travaillé, enfanté, enterré.Quand vient le soir, à la lumière hésitante de la bougie, l’enfant se rapproche d’elle, tout doucement ; il pose ses petits doigts sur son visage et parcourt les si beaux sillons creusés par son histoire. | ||||